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Identité des progéniteurs neureux

Dans les lignages neuraux régulés au niveau développemental, les progéniteurs génèrent différents types de cellules de manière stéréotypée. Nous nous sommes attachés à comprendre comment l’identité des progéniteurs neuraux change au cours du temps pour générer des cellules d’identité différente. Il a été proposé que les progéniteurs subissent une restriction progressive de leur capacité à donner naissance à des différents types cellulaires. Sur la base de l’hypothèse que le mécanisme contrôlant les changements de la compétence des progéniteurs est transcriptionnel, nous avons utilisé une approche expérimentale originale pour étudier ce mécanisme. Cette approche consiste en une analyse du profil transcriptionnel des cellules précurseurs des soies collectées par dissections au laser à partir de tissus fixés à des moments précis du développement. Afin de tester la faisabilité de cette approche, nous avons réalisé un programme pilote expérimental, dans lequel nous avons comparé le profil des ARNs de cellules micro-disséquées pI versus les cellules épithéliales. L’analyse révèle que les gènes dont l’expression est multipliée par 2 ou plus dans les cellules pI par rapport aux cellules épithéliales sont principalement associées à la détermination cellulaire et à la spécification des organes sensoriels (Gene Ontology GO, www.geneontology.org). Inversement, parmi les gènes qui sont nettement sous représentés et, en conséquence, enrichis dans les cellules épithéliales sœurs, nous avons trouvé des gènes impliqués dans le développement de la cuticule et la morphogenèse de l’épithélium. Enfin, nous avons constaté que plusieurs gènes connus pour être exprimés dans des cellules pI par des procédures indépendantes, telles que pebbled/hindsight, scabrous, miranda, senseless et cut, sont préférentiellement détectés dans les cellules pI plutôt que dans les cellules épithéliales. Nos résultats montrent qu’il est possible de discriminer qualitativement et quantitativement l’expression de gènes spécifiques dans les cellules pI versus les cellules épithéliales. Pris dans leur ensemble, nos données confirment la faisabilité et la spécificité de la technique de microdissection laser pour extraire et amplifier l’ARNm à partir de cellules identifiés des organes sensoriels de drosophile. Ces études très prometteuses font l’objet d’un manuscrit publié (Buffin E & M Gho (2010) PLoS ONE 5 (2): e9285). Enfin, la caractérisation réussie du profil transcriptionnel de cellules précurseurs bien identifiées à un moment précis du développement ouvre de multiples domaines de recherche. En particulier, cette analyse peut permettre d’identifier les gènes responsables d’une identité cellulaire donnée, d’analyser les mécanismes par lesquels une cellule maintient son potentiel mitotique ou par lesquels elle entre dans un état post-mitotique, mais aussi de comprendre la réponse cellulaire à une voie de signalisation déterminée. Ainsi, le développement d’une procédure combinant la microdissection laser de cellules précurseurs définies et l’analyse par transcriptome représente un progrès technique indéniablement pour l’analyse des processus biologiques.